POLITIQUE

Togo/Des victoires politiques gâchées : Battons-nous vraiment pour le Togo ou pour nos camps respectifs?

De la conférence nationale souveraine passant par plusieurs accords jusqu’au dernier, cela mérite une bonne réflexion pour diagnostiquer le mal et comprendre les raisons des échecs.

1990-2021/31 ans de lutte pour l’alternance sans succès. Notre destin tragique veut que ce qui procure du bonheur aux autres peuples du monde « même s’il est parfois temporaire dans bien des cas ! » soit chrysogène sur la terre de nos aïeux. Toutes les forces politiques que ce soit celles de l’opposition ou du parti au pouvoir se convergent dans la dynamique de bâtir un « Togo nouveau » en terme de respect de la constitution, des droits individuelles, de la bonne gestion de la cité, et d’équité pour le bonheur de tous. Dans le camp de l’opposition l’on clame chaque fois que la solution de l’épanouissement du Togo reste dans l’alternance politique soit par le départ du régime RPT-UNIR cinquantenaire incarné par la famille Gnassingbé. Et pour y parvenir, le chemin reste encore bien long. L’effectivité s’éloigne non seulement que l’on accuse l’autre camp de manque de volonté mais aussi du caractère disparate des pistes de solutions et le manque d’action concertées dans l’opposition plurielles.

Nous battons nous vraiment pour le Togo ou pour nos camps respectifs? Voilà la question centrale que chacun doit se poser.
Comment arriver à une alternance pacifique ? … Qu’est ce qui ne marche pas ou qu’elles sont les principales causes de son échec ? 1990-2021, cela fait 31 ans de lutte pour l’alternance. Il est vraiment utile de s’attarder un peu sur le bilan en utilisant l’outil SEPO (Succès, Échecs, Potentialités et Obstacles). La vie n’est pas un fleuve tranquille où tout coule de source, loin s’en faut! L’opposition togolaise, fait, ma foi, ce qu’elle peut faire. A moins que l’on veuille l’obliger à la lutte armée véritable…ce qu’aucun togolais ne doit souhaiter. Si nous interrogeons l’histoire de notre pays nous comprenons qu’à chaque fois que l’alternance se concrétise dans les urnes, l’armée intervient pour brutaliser et voler les résultats. La plupart des dignitaires, anciens comme nouveaux, a l’instar de Esso Akila Boko, savent que l’électorat du régime est moins de 10%… A plus de 80%, l’opposition togolaise a donné le meilleur d’elle-même, y compris le peuple togolais. Dans tous les pays, l’opposition n’est pas une entité aussi homogène.

Normalement la Constitution de 1992 bien qu’elle ne soit pas parfaite, a établi un cadre démocratique devant assurer l’alternance, la démocratie, le développement et la cohésion sociale. Des succès populaires, législatifs et électifs, il y en a eu. Des échecs, nous ne pouvons en amplifier la portée, car insignifiants. Des potentialités, il y’en a à foison. Des obstacles, il y’en un peu en interne …certes des taupes « infantiles et alimentaires » mais, le grand obstacle c’est l’armée qui n’est pas encore républicaine.

De la conférence nationale souveraine passant par plusieurs accords jusqu’au dernier, cela mérite une bonne réflexion pour diagnostiquer le mal et comprendre les raisons des échecs.

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Des victoires politiques gâchées : la constitution de 1992, la liberté d’expression et de presse, la victoire aux législatives de 1994, l’accord cadre de 1999, l’APG de 2006, les sièges de députés en 2007 et 2013, sauvegarde d’un ancrage social fort, et tout récemment la limitation non-rétroactive de fait du mandat présidentiel et le retour à l’élection présidentielle à deux tours 2017-2018.
Notons qu’en 1994, l’opposition remporta l’élection. Un communiqué de feu Mivedor (Baron du RPT) avait appelé l’opposition à former le gouvernement. L’opposition a telle pu construire une dynamique solidaire pour gouverner? Non… Kodjo et Agboyibor n’ont pas pu partager la primature et la présidence du parlement. Les stratèges du RPT achetèrent politiquement Kodjo. Et nous connaissons les résultats. Laissons les erreurs à chaque accord ou dialogue politique, et parlons seulement de 2006. L’actuel président était très fragile, très fragile politiquement. On va aux discussions. On écrit un texte vague, qui parle des reformes à faire, mais dans un futur proche. Car les gens pensaient pouvoir battre le RPT et faire les reformes à leur convenance. Les élections de 2007, n’ont choisi que trois partis politiques. Alors, le caractère inclusif de l’organe pouvant acter les reformes revient sur le tapis. Autre erreur politique de 2006, l’APG accepte un mode de scrutin proportionnel avec les préfectures comme circonscriptions. Tout le monde était d’accord pensant jouir des effets du mode. Erreur… Le RPT a accepté par qu’il sait que ce mode de scrutin favorisera les grandes formations politiques contrairement aux mensonges politico-scientifiques de certains juristes et politologues togolais. Après, pour tromper l’opinion nationale, on sort la question de déséquilibre dans le découpage électoral et même si le découpage électoral était strictement démographique, on aura exactement les mêmes résultats, soit à l’avantage du RPT ou un autre parti parce que l’élection proportionnelle fonctionne comme une élection majoritaire à un tour. Or le scrutin majoritaire favorise de facto les grandes formations. La mission d’observation de l’UE a pondu un rapport de 77 pages sur l’élection de 2007. Tout le rapport est un tissu de mensonge électoral. Le rapport accuse la découpe électorale. Mais, par un gymnastique intellectuel extraordinaire, le rapport dit « le scrutin proportionnel sous quelque forme que ce soit, s’accommode mal de circonscriptions de taille réduite où le nombre de sièges en compétition est faible tel que le cas du Togo » (MOE-UE, 2007: 17). En clair, ce n’est ni le découpage non basé uniquement sur le critère démographique, ni le mode du scrutin, mais la taille des circonscriptions. Et l’exemple concret est la circonscription de Lomé-Golfe. L’opposition y est majoritaire à près de 80%. Elle a pris 8 sièges. Le parti minoritaire (UNIR), si petit soit-il à Lomé a trouvé deux sièges. Le jour où les gens vont demander les régions pour circonscription en gardant l’actuel découpage en termes de nombre de députés par préfecture, il y aura un tremblement politique. Pourquoi, l’UFC d’alors a-t-elle accepté ce mode? C’est parce que ce mode favorise les grands partis. Et l’UFC pensait ainsi éliminer les petites formations politiques de l’opposition. En 2014, le régime a tactiquement accepté la limitation de mandat seulement voulait que le Président Faure Gnassingbé rempile une fois. Les politiciens ont refusé en disant « sans reformes pas d’élection » mais l’histoire nous apprend qu’ils sont allés à cette élection sans ces réformes.
L’opposition qui déjà, a marché près de 4 (quatre) ans pour la limitation de mandat et élection à deux tours en vain est surprise par l’arrivée du Parti National Panafricain (PNP)… Une seule marche « violente et déterminée » du PNP de Tchikpi Atchadam qu’on n’a pas vu venir le 19 aout 2017 pour « exiger le retour à la Constitution consensuelle du 14 octobre 1992 et l’effectivité du droit de vote de la diaspora » a poussé le régime RPT/UNIR à faire nuitamment un conseil de ministres et accepta deux dispositions soit la limitation de mandat et élection à deux tours. Au lieu d’agir avec cette concession inespérée, les politiciens de l’échec ont sorti des slogans géants et creux: départ immédiat du chef de l’État, retour à la constitution originelle…deux choses juridiquement et politiquement impossibles selon les rapports de forces d’alors. Et pour rétablir l’équilibre de la terreur, les groupes dits d’autodéfense sortirent. La crise s’enlise et est doublée de la guerre de leadership entre le Chef de file de l’opposition d’alors Fabre Jean Pierre et le chef de file de la rue –ou Expert en mobilisation de la foule- Tchikpi Atchadam.
Le lendemain du 20 décembre sera plus crispé que l’avant 20. Sur la base de la prétendue légitimité de cette élection, le gouvernement voudra bien prendre des dispositions conséquentes. Mais, on ne fait pas de loi contre l’avis d’une majorité fusse-t-elle muette ou résignée. Il se peut que tout ce spectacle
Nous devons creuser l’abcès pour le soigner et l’auto critiques est importante c’est ce qui peut conduire à atteindre l’objectif qu’est le bien-être des togolais et la gestion équitable de la cité. Au-delà du fait que la démocratie soit un mot, c’est aussi un comportement. Faure Gnassingbé qui se réclame démocratiquement élu doit sortir de la mêler avec un discours responsable pour apaiser les cœurs. Son entourage peut l’amener à être un exemple en mettant de côté l’orgueil. Dans tout combat, et pour préserver la paix et la cohésion nationale, le plus fort doit arrêter le massacre pour éviter le pire. Quel que soit notre richesse, notre capacité intellectuelle, sommes-nous fière de notre gouvernement ? Tout le gouvernement doit prendre sa responsabilité et libérer le pays pour une relance économique et sociale. Doit-on penser ou croire que Faure Gnassingbé, exploite toutes les dispositions textuelles pour conserver le pouvoir encore bien longtemps ? Cette hypothèse semble de moins en moins réfutable.
Vigilance ! Le scénario du Burkina-Faso n’est pas exclu pour une population qui n’a plus confiance aux politiques et qui aspire à un changement, à une alternance…Que ceux qui ont des oreilles entendent !

La rédaction

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