[LeCoupDeGuelle] Wow… quel peuple ?

de Noélie Elykem
Pendant des années, j’ai donné au Togo bien plus que des paroles. Quand j’ai composé un hymne pour la nation, financé moi-même sa production en studio ainsi que sa réalisation vidéo, très peu ont pris le temps de le partager ou de saluer ce service rendu à notre pays.
Quand j’ai servi Dieu fidèlement pendant plus de vingt-cinq ans pour cette nation, sans subvention, sans aide et sans la moindre reconnaissance officielle, personne ne s’en est indigné.
Quand j’ai dû renoncer à célébrer mes vingt-cinq années de ministère, parce que la misère dans laquelle vivaient mon équipe à Lomé et plusieurs de mes proches ne me permettait pas de faire la fête, personne n’a pris un stylo pour écrire un simple mot d’encouragement.
Quand, malgré mes propres dettes et mes propres besoins ici, j’ai continué à envoyer de l’argent presque chaque jour au pays à des personnes qui ne sont même pas de ma famille afin qu’elles puissent tenir, personne n’a élevé la voix pour m’encourager.
Quand j’ai osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, beaucoup ont regardé… et sont restés silencieux.
Mais le jour où, sous le poids des attaques injustes, des incompréhensions et des blessures accumulées, j’ai craqué et annoncé mon retrait, soudain, des milliers de voix se sont élevées.
Les unes par affection. Les autres par haine.

Voilà ce qui me fait le plus mal.
Comment ne pas être profondément blessée lorsqu’on consent autant d’efforts et de sacrifices pour les siens sans voir naître un changement capable de redonner espoir ?
Comment ne pas être révoltée lorsqu’on voit des fortunes être dépensées pour honorer des étrangers pendant que tant de nos propres frères et sœurs vivent dans la faim, l’abandon et sans perspective d’avenir ?
Je ne prétends pas être parfaite. J’ai réagi avec mes émotions, comme tout être humain peut le faire lorsqu’il porte un fardeau devenu trop lourd.
Mais une chose demeure certaine : Dieu permet toutes choses dans un but. Le temps révélera ce que beaucoup ne comprennent pas aujourd’hui.
Je ne vais pas bien , surtout après vos réactions ,mais je connais la source de ma vie . Je m’y réfugie !
À ceux qui ont été sincèrement choqués par mes paroles et actions , je demande pardon d’avoir heurté leur sensibilité. Ce n’était pas mon intention de blesser des cœurs sincères.
Quant à ceux qui, mus par la haine, profitent de cette situation pour me condamner sans jamais avoir condamné des injustices bien plus graves, je les laisse à leur propre conscience. Je n’ai rien à leur prouver.
Que Dieu prenne soins de moi , il y a que moi qui compte pour moi après tout ceci !
Juge Noélie Elykem






