Togo – Communes : l’impératif d’un tracé territorial définitif pour apaiser les tensions

Sept ans après le lancement de la décentralisation, le flou entourant les frontières communales reste une source de tensions persistantes. Bien que la réforme ait rapproché l’administration des administrés, l’absence de limites précises entrave aujourd’hui l’exercice des compétences et la collecte des recettes locales.
Face à ces blocages, un comité technique mandaté par le ministère de l’Administration territoriale a débuté ses travaux le 28 mai 2026. L’objectif : arbitrer les litiges et clarifier les zones de compétence. Des frictions notables ont déjà été signalées, notamment dans les préfectures du Golfe et des Lacs, ainsi qu’entre les communes Golfe 1 et Golfe 4 à Lomé. La situation est similaire à Agoè-Nyivé, où les communes 1 et 4 se disputent certaines zones, malgré la présence de repères physiques comme l’échangeur, censé servir de frontière naturelle.
Tensions et coopérations territoriales dans le Grand Lomé
Administrativement, Agoè-Nyivé 1 est rattachée au canton d’Agoè-Nyivé, tandis qu’Agoè-Nyivé 4 dépend de celui de Togblékopé. Malgré ce découpage, des incursions d’agents municipaux dans des zones contestées ont été signalées par des acteurs locaux, bien que ces faits n’aient pas encore été confirmés par les autorités. Ces chevauchements créent des crispations entre les administrés et les mairies, souvent exacerbées par des enjeux financiers. En effet, dans ces zones en pleine expansion démographique, les recettes locales (patentes, taxes de marché, permis de construire) représentent un levier économique majeur. À cela s’ajoutent des interprétations divergentes des limites territoriales par certaines autorités traditionnelles, entretenant une certaine confusion.
À l’inverse, les communes d’Agoè-Nyivé 3 et 5 font figure de modèles de collaboration. Début mars 2026, une initiative conjointe a permis aux deux municipalités de clarifier leurs frontières lors de visites de terrain et de séances de travail techniques. Cette approche concertée est saluée comme un exemple de prévention des conflits.
En attendant les conclusions du comité ministériel dédié, les experts préconisent l’usage de technologies modernes, telles que l’imagerie satellitaire et les Systèmes d’Information Géographique (SIG), pour fixer des limites administratives indiscutables. Une clarification institutionnelle favoriserait la cohérence des compétences et la sécurité juridique au niveau local.
Notons par ailleurs que le Togo compte officiellement 117 communes réparties sur 39 préfectures et 5 régions.
Togonyigba / Radio Renouveau228






