ActualitésNationalePOLITIQUE

Opération « Togo noir » : un pétard mouillé ou le signe d’un peuple las des luttes infertiles ?

Les Togolais, seraient-ils fatigués de lutter ? La vie chère n’aurait pas d’impact sur eux ? En tout cas, c’est la moindre chose qu’on puisse comprendre de leur réaction face à la protestation contre la vie chère qu’a annoncée le mouvement « Femme pyramide » du 12 au 18 juillet 2021. Puisque la couleur noire n’a pas assombri le ciel togolais ce mardi. Thomas Sankara aurait raison de dire que « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa propre révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort » ?

En effet les « Femmes Pyramide » ont demandé à la population togolaise d’observer massivement le port du noir du 12 au 18 juillet 2021 partout, en tout lieu, sur toute l’étendue du territoire national et dans la diaspora, pour illustrer le deuil que provoquent la faim et la pauvreté, résultantes de la mauvaise gouvernance et de la gestion atypique des ressources du pays par une minorité reconnue par le Chef de l’Etat lui-même comme accaparatrice des richesses du Togo.

Le « Tous en noir contre la vie chère » n’a accouché que d’une fourmi. « la mobilisation de toutes les forces vives de la nation et de tous les fils et filles du pays, épris de paix et de liberté pour un sursaut citoyen et patriotique, pour sauver le Togo et permettre un vivre-ensemble harmonieux et solidaire dans lequel la prospérité sera partagée par tous » telle que souhaitée par le regroupement apolitique des « femmes pyramides » n’a donné qu’une faible mobilisation.

La rédaction de notre journal a effectué un petit déplacement dans la capitale togolaise pour constater de l’effectivité du mouvement, et de la détermination des Togolais à en finir avec les diktats socio-économiques et politiques du gouvernement Faure-Dogbè. Mais contre toute attente, il s’avère curieux de remarquer que la population togolaise ne s’est pas ralliée à la cause, nonobstant son ardent désir de s’émanciper.

Les togolais ont fait sciemment d’oublier ce mot d’ordre lancé par ces valeureuses « Femmes Pyramide ». Un comportement qui doit interpeller plus d’un. Une simple protestation par un accoutrement qui n’a pas cantonné doit normalement fait réfléchir non seulement les leaders d’opinion mais aussi les responsables des partis politiques et de la société civile.

Hormis les quelques images de certains membres de la société civile en noir, les Togolais dans l’ensemble n’ont pas songé s’habiller en noir. Le simple accoutrement demandé pour s’insurger contre un système de vie misérable, c’est aussi regardé comme une corvée.

Découragement ? désespoir ? Résiliation ?

Cette protestation qui n’a pas pu aboutir, fait penser que les togolais sont démobilisés ou sont toujours dans leurs logique de « Mawulawoè (Dieu le fera) ». Avec ce comportement, l’on peut parler du découragement vu l’engouement par lequel les togolais répondaient aux manifestations populaires des partis politiques dans le temps. Malgré les gaz lacrymogènes que lançaient les forces de l’ordre, la population togolaise était prête à en finir avec le régime cinquantenaire mais aujourd’hui si une simple protestation par un accoutrement n’a pas pu réussir, l’on parlera du désespoir.

C’est un peu de tout ceci. En effet, depuis l’échec de la lutte politique et des manifestations publiques subies par l’opposition, plusieurs Togolais ne se sentent plus prêts pour se rallier à une quelconque lutte. C’est ce qui justifie les divers bourdonnements tels que constatés lors des appels à manifestations, en l’occurrence celle des « femmes pyramides ».
Les objectifs visés par la manifestation sont entre autres :

• La suppression de toutes les augmentations de prix sur l’essence, le péage et l’électricité ;
• Les mesures urgentes contre la faim et la baisse immédiate des prix des denrées de première nécessité ;
• La dépression fiscale dans les marchés et sur les produits de première nécessité ;
• Les mesures sociales d’urgence pour les femmes et les couches les plus vulnérables notamment les personnes âgées et les enfants ;
• Les mesures urgentes de prises en charge gratuite des premiers soins de tous les malades ;
• L’augmentation du salaire minimum garantie à 50 000 FCFA et l’emploi pour les jeunes ;
• La cessation immédiate du harcèlement et de la répression des forces de l’ordre dans le pays et la libération sans condition des prisonniers politique

OBJECTIF one

TOGONYIGBA

Groupe de presse Togonyigba (support papier et en ligne) Lomé-Amadanhomé Togo / Contact Rédaction : (00228) 99460630/93921010 / N° Récépissé : 0425/24/03/11/HAAC / Courriel : togonyigba@gmail.com / Directeur Général : José-Éric Kodjo GAGLI

Articles similaires

57 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *