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L’Afrique au carrefour des consciences : le devoir de rompre avec la culture du naufrage

Par Rodrigue Ahégo, la Voix des Sans Voix

​L’Afrique ne souffre pas d’une fatalité géographique ou d’un manque de ressources ; elle étouffe sous le poids de choix délétères. Aujourd’hui, en tant que Défenseur des Droits Humains et La Voix des Sans Voix, je brise le silence sur une menace bien plus insidieuse que la pauvreté matérielle. Il s’agit de la faillite morale de nos élites et de son effet de contagion sur les générations futures. Il s’agit du virus de l’exemple et du syndrome du vice qui devient une norme sociétale.

​Le spectacle offert par certains dirigeants (obsession de pouvoir, arrogance de l’impunité, culte de l’enrichissement sans cause, mépris des règles, corruption, fraudes électorales et économiques, contorsions constitutionnelles, institutionnelles et détournement des biens publics…) n’est plus seulement une gestion calamiteuse. C’est un empoisonnement culturel.

​Le risque majeur est que la jeunesse, observant ce théâtre d’immoralité, finisse par adopter ces comportements comme l’unique modèle de développement personnel. Si l’ascenseur social ne fonctionne qu’avec la corruption, l’intégrité devient une anomalie et le « vol intelligent » une compétence. Nous créons ainsi une société de miroirs déformants où ce que le Président et ses sbires commettent au sommet, le citoyen le reproduit à la base.

Un Avenir Hypothéqué face au prix du mauvais Comportement

​Chaque acte de malversations a des conséquences concrètes qui agissent comme des chaînes aux pieds de nos enfants :
​- l’érosion de la confiance. La rupture du contrat social pousse nos cerveaux les plus brillants à l’exode, convaincus que le mérite n’a plus droit de cité sur leur terre natale;
​- le sacrifice des fondamentaux. Chaque détournement est une école qui s’effondre ou un hôpital sans oxygène. On ne bâtit pas l’émergence avec une jeunesse sous-éduquée et mal nourrie, ou encore une jeunesse qui applaudit la bêtise du dirigeant pour avoir sa faveur;
​- le fardeau de la dette. Emprunter pour la consommation somptuaire des élites, c’est condamner des générations non encore nées à rembourser une facture dont elles n’ont jamais vu la couleur.

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​Le Danger de la Contagion et de la Duplication

​Si nous laissons cette culture s’enraciner, l’Afrique court vers un effondrement systémique. Aucune institution ne survit quand ceux qui les dirigent ne croient plus aux règles qu’ils édictent. L’effet de contagion risque de vider le continent de ses « derniers justes », laissant la place à des prédateurs sans vision, menant inévitablement à des cycles de chaos et d’instabilité permanente. C’est un peu comme Macky Sall qui, après ses déboires dûes à son obsession pour un troisième mandat, a bénéficié de la culture de la violence avec son lot de morts, d’emprisonner, d’exilés, de vie brisée, veut se blanchir en candidatant au poste de secrétaire général dee Nations-Unies. C’est un peu comme Faure Gnassingbé qui, après avoir brisé, à la suite de son Père, brisé la vie de plusieurs générations, va vouloir devenir Jésus, blanc comme la neige. Ça n’a aucun sens.

​Le sursaut citoyen qui appelle à réhabiliter l’architecture éthique

​Face à ce péril, le salut ne viendra pas d’un sauveur providentiel, mais de la responsabilité collective des peuples africains. Nous devons mettre fin à la promotion des contre-valeurs par des actions fortes :
​- passer de la « foule » au « peuple ». Une foule subit, un peuple exige des comptes. La redevabilité doit devenir une exigence quotidienne, pas seulement un slogan électoral;
​- sanctionner socialement le vice. La honte doit changer de camp. Si celui qui pille l’État est traité en paria dans son village plutôt qu’en « bienfaiteur », le prestige du vol s’éteindra;
​- l’intégrité comme acte de résistance. La jeunesse doit comprendre que rester digne, honnête et combattre un système corrompu est l’acte le plus révolutionnaire qui soit.

​Diriger, ce n’est pas se servir du présent, c’est servir l’avenir.

​L’Afrique de demain se dessine dans nos refus d’aujourd’hui. L’Afrique de demain se dessine dans notre audace de dire NON. L’Afrique de demain se dessine dans notre courage de dire ça suffit. L’Afrique de demain se dessine dans notre engagement citoyen, dans notre détermination, dans l’expression de notre indignation.

Nous avons le choix : léguer à nos enfants des infrastructures de béton vides d’âme, ou leur transmettre un continent fier, bâti sur le travail, le mérite et la probité.

Le moment est venu de dresser un cordon sanitaire moral autour de nos nations. Je ne serai pas seulement la voix qui dénonce, mais aussi celle qui appelle chaque Africain à redevenir le gardien des valeurs qui feront notre grandeur.

Crédit image d’illustration : Internet

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