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La peur, un levier efficace pour garder le pouvoir : La sécurité est devenue un produit qui se vend bien!

« De toutes les passions la peur est celle qui affaiblit le plus le jugement… » La peur est l’un des moteurs classiques de la politique. La peur a toujours été un levier efficace pour obtenir le pouvoir et le garder.

En période de crise, à qui s’adresser mieux qu’à l’État pour vouloir se sentir en sécurité ? Mais le maniement de la peur est une cupidité partagée par les gouvernants et les gouvernés, car il existe de fait une connivence tacite entre ceux qui font peur et ceux qui ont peur.

Les hommes et femmes politiques jouent sur la peur depuis toujours pour susciter la confiance: ce sont ses instruments qui se renouvellent à chaque élection, selon les leviers les plus pertinents (insécurité, crise économique ou sanitaire, guerre, etc…). En même temps, ils ne font que répondre aux revendications de sécurité émises par les citoyens, ou bien n’est-ce qu’un cercle vicieux ?

Doit-on parler d’idéologie de la sécurité ou plutôt de mythologie de la sécurité ? La sécurité absolue n’existe pas, c’est un mythe qui remonte à celui du jardin d’Eden. La vie humaine est un risque quasi permanent, parsemé de peurs et de conflits les plus divers. Laisser entendre que l’on peut obtenir une sécurité définitive et totale relève du leurre et du mythe, et nous plonge en plein irrationnel. Restons rationnels et raisonnables !

En effet, l’Etat est garant des droits fondamentaux de tous les êtres humains. Quant à certains écologistes, ils manient parfois la peur de l’apocalypse écologique ou la peur des mutations génétiques suite aux manipulations des multinationales !

Mais ce serait trop facile de dénoncer l’utilisation de la peur parce que ces peurs correspondent souvent à de vrais dangers. Ce ne sont pas tant les raisons de la peur qui sont à mettre en cause que leur surutilisation. Dans l’actualité politique togolaise, chaque camp a ses domaines de prédilection pour effrayer l’électeur. Mais, soyons justes, les hommes politiques se démènent aussi pour que le pays retrouve confiance. Il serait démagogique d’affirmer que les responsables politiques ne cherchent qu’à nous faire peur chacun à leur façon. La peur est utilisée pour obtenir le pouvoir mais il n’y a pas de perspective de mieux-bien-être sans un minimum d’optimisme. C’est donc un subtil mélange de peur et de confiance qu’il faut savoir distiller pour gouverner. Une vision purement cynique de la politique favorisera la peur. Et la peur nourrit la peur… Elle opère comme un serpent qui se mord la queue

Au final, un citoyen qui a peur est un bon électeur. Mais un citoyen ne peut prétendre réfléchir et agir avec sagesse et non-violence que s’il se débarrasse de ces peurs, du moins les maîtrises avec la prise de recul adéquate. Les violences dans la société fascinent tout en faisant peur. Pour se protéger, certains ne verront rien de mieux qu’une politique sécuritaire assumée par l’État. Toute dictature s’est toujours nourrie de la peur. La vérité est que le peuple étant souverain, cette peur n’est jamais constante et définitive.

Le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie décrit bien le phénomène de soumission d’un peuple à un tyran. Il y a une vérité indéniable dans l’histoire de l’homo sapiens sur la planète terre. La vérité est que le peuple étant souverain, cette peur n’est jamais constante et définitive. Il arrivera un jour où la peur sera démystifiée. Si la peur n’a pas raison de la volonté de liberté d’une grande partie du peuple, on n’est donc pas en face d’un système dictatorial. C’est grâce au climat de terreur qu’Hitler, Staline, Mussolini et plus récemment en Afrique, Mobutu, Idi Amin Dada, Bokassa, Ben Ali etc…, ont régné sans partage. Il arrive même qu’une grande partie du peuple finisse par sympathiser avec le dictateur (syndrome du Larbin et syndrome de Stockholm).

Un fait s’impose, le monde actuel est producteur d’insécurité, de par le contexte urbain et son anonymat, la peur de la crise économique et la peur du chômage galopant, de par le réchauffement climatique, de la peur d’une catastrophe écologique, de la peur d’une crise sanitaire… Les hommes politiques ont beau se démener et faire des promesses, la peur est là. Elle attire les regards et parfois les intelligences, elle affole tout à la fois. Faute de parvenir à résoudre les crises.

Aujourd’hui, sans doute plus qu’hier, la peur d’être violé, cambriolé, attaqué dans la rue, est partagée, communiquée à l’infini par les médias et les conversations « Obé-Obé »
Tandis que la peur est difficilement contrôlable, la sécurité, elle, est facilement organisable. Aussi n’est-ce pas un hasard si continuent de fleurir des sociétés dites de sécurité, louant leurs services ou installant toujours plus de caméras de vidéo-surveillance. Il est lamentable que les municipalités de gauche emboîtent le pas à celles de droite pour installer ces caméras, au sujet desquelles de multiples études menées par des consultants indépendants disent que ces « yeux » ne résolvent en rien les problèmes de sécurité dans l’espace public. Les notions d’ennemi (par exemple les opposants à un système au pouvoir dans un pays) et de menace (par exemple les révoltes ou soulèvements populaires) concourent à une gestion fortement policière de la sécurité collective.

Chaque individu est appelé à faire partie d’un tout qui le protège, d’un ensemble social qui partage les mêmes peurs et les mêmes défenses, mais aussi les mêmes convictions et les mêmes obligations. La rentabilité politique de l’idéologie sécuritaire se mesure au taux de soumission générale, pendant que les sociétés dites de sécurité apportent des dividendes juteux à leurs actionnaires. La sécurité est donc devenue un produit qui se vend bien. Côté électoral, le thème de la sécurité est aussi en pleine croissance.
En période de crise, à qui s’adresser mieux qu’à l’État pour vouloir se sentir en sécurité ? Lui notre dénominateur commun, Lui qui s’adresse à chacun de nous avec ses impôts si divers, Lui qui dit nous protéger ! Alors, emporté par l’élan que nous lui donnons, l’État nous force à consommer son idéologie sécuritaire, et ça marche ! Et c’est ainsi que l’État, avec l’aide des médias — à l’exception de quelques-uns — sait fort bien cultiver la peur pour administrer la sécurité.

Presque aucun journal télévisé ne manque à son devoir de parler d’un crime, d’un viol, d’une agression, d’un vol à main armée, d’une bagarre qui se serait mal terminée dans un collège et etc,… Il y en a toujours eu, il y en aura malheureusement toujours, et même si effectivement leur nombre ne baisse pas, à qui profite cette façon de procéder, d’entretenir ainsi nos peurs ?

L’ennui, dans cette affaire, est que le thème de la sécurité est un des plus militaristes que notre bouillonnante histoire ait offert. Effectivement, il hante tous les discours officiels contemporains. Ces mêmes valeurs qui ont servi (et servent encore) au bellicisme des nations contre leur ennemi de l’extérieur, sont donc employées aujourd’hui contre l’ennemi de l’intérieur. De là à penser que l’État moderne part en guerre contre son peuple, il n’y a qu’un pas.

La sagesse du citoyen commence lorsqu’il cesse d’avoir peur. Sur la terre de nos aïeux, la peur a pris le pas sur l’ambition du peuple à cause des multiples et nombreuses actes immoraux, inconséquences insupportables, maladresses épouvantable de ceux qui ont abusé de la défiance et de la confiance à leurs léguer par ce peuple. Ces multiples déceptions et trahisons provoquant une désorganisation, et désordres inconcevable dans le camp de ceux qui jouent l’intermédiaire le tout enveloppé dans un drap de violences d’état sans lendemain pour les morts et les blessés conduit a le peuple togolais à cette méfiance remarquable non seulement vis à vis de l’oppresseur mais aussi et surtout des intermédiaires que nous appelons aujourd’hui, la PEUR. Et c’est cette peur qui pousse l’oppresseur à développer la terreur puisqu’elle est l’apanage des faibles, des nains d’esprit, des médiocres et des déméritants. Cette peur existait avant l’avènement des évènements du 19 Août 2017. Cet exploit était possible grâce à une certaine confiance retrouvée dans l’organisation méthodique de certains patriotes qui ont su dire et tracer par les mots justes la voie du salut qui hélas heurta le tympan malveillants des opportunistes qui ont finis par choisir la trahison au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui plus que jamais, la méfiance gagne encore du terrain malgré cet exploit de remobilisation noyée.

Le peuple togolais retrouvera toujours, redoublera toujours d’énergie, la rage de vaincre, la force, la ténacité, l’abnégation, le courage de défiance, le jour où il trouvera un porte-parole éloquent, audacieux. Puisque chaque peuple aspire un modèle à copier et imiter qui montrera la voie et qui donne l’exemple de ténacité.

Entre un peuple de moutons conduit par un Lion et un peuple de lion conduit par un mouton, que choisir? À chacun de trouver sa réponse! Aujourd’hui cette peur-là ne fonctionne plus parce que tout le monde a bien compris le jeu…

Il peut être utile de se souvenir des propos du cardinal de Retz « de toutes les passions la peur est celle qui affaiblit le plus le jugement… » Tant ces mots aident à garder les pieds sur terre, et sont au b.a.-ba de notre propre sécurité et paix intérieure.

Céline N’danikou

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