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Togo-Les journalistes Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou condamnés par la justice : Que doit-on retenir… ?

La justice togolaise vient de condamner ce mercredi 15 mars 2023, deux journalistes de la presse privée à l’issue d’un procès et à l’absence des deux prévenus. Le Tribunal de première instance de première classe de Lomé a en effet condamné Isidore Kouwonou et Ferdinand Ayité, respectivement rédacteur en chef et directeur de publication du journal l’alternative à trois(3) ans de prison ferme, une amande de 3 millions de francs CFA. Aussi, un mandat d’arrêt a été lancé contres les deux hommes de média à l’issue de ce procès.

Mercredi matin, seul l’avocat Me Elom Kpadé s’est rendu au tribunal de Lomé. Isidore Kouwonou, le Rédacteur en chef du bihebdomadaire L’Alternative et Ferdinand Ayité, son Directeur de publication, étaient absents. Ferdinand Ayité est introuvable depuis le 5 Mars dernier sur le territoire togolais, après avoir reçu une convocation du Service centrale des recherches et investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie togolaise. Isidore Kouwonou, l’on ne sait pas non plus où il se trouve depuis la résurgence du dossier. Joël Egah étant décédé depuis le 6 mars 2021, ne pouvait d’ailleurs pas comparaître.

Une situation qui semble logiquement pousser Me Elom Kpadé de se dé-constitué du dossier par arrêté en raison de l’absence des mis en cause.

“Les deux prévenus se sont abstenus de comparaître, dans le but d’éviter le débat”, a lancé le ministère public.

Rappel des frais

C’était en 2021 que ministre de la République à savoir Kodjo Adedze, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation locale et et Pius Agbetomey, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, avaient porté plainte contre les journalistes Ferdinand Ayité (Directeur de publication de L’Alternative), Isidore Kouwonou (Rédacteur en chef de L’Alternative) et Joël Egah (Directeur de publication du journal Fraternité), pour diffamation dans une émission dénommée « L’Autre Journal », présentée sur la chaîne Youtube du journal L’Alternative.

MM. Adedze et Agbetomey soutenaient être victime d’outrage à l’autorité et propagation de propos mensongers sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, Il est à noter également que le 4 novembre 2020 et suite à la publication par l’Alternative d’un article révélant une affaire de détournement massif de fonds dans le secteur pétrolier togolais et mettant en cause M. Fabrice Adjakli, membre du Comité de suivi des fluctuations des prixdes produits pétroliers (CSFPPP), le tribunal a ordonnéà M. Ayité et au journal l’Alternative de payer chacun une amende de 2millions de francs CFA (environ 3 056 Euros) ainsi que 2 millions de francs CFA au titre du préjudice moral qu’aurait subi M. Fabrice Adjakli. Le Tribunal a par ailleurs enjoint à M. Ayité et au journal l’Alternative de publier durant une période de quinze jours l’intégralité du jugement rendu, sous astreinte de vingt mille francs CFA (environ 30 Euros) par jour. Le Conseil du journal l’alternative a déjà interjeté appel de la décision.

La question : Si les mises en cause avaient déjà plus tôt présenté des excuses publiques aux plaignants, l’on se demande ce qui justifie alors cette lourde condamnation ? Une faute avouée est à moitié pardonnée dit-on. Pour l’heure, plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette condamnation est un véritable recul pour la liberté de la presse au Togo.

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