Tribune

Développement durable : L’AFRIQUE ENTRE L’ÉTOUFFEMENT ÉCONOMIQUE ET LES AVANIES CONTRE SON HISTOIRE

C’est connu, les maîtres du monde ne veulent jamais lâcher les baskets de l’Afrique. Et c’est par maintes artifices édités et mis en branle, qu’ils arrivent à freiner nos pays dans leurs élans de développement.

Tous les moyens sont donc bons, qu’il s’agisse de nos indépendances, des questions monétaires, de la soutenabilité de la dette au développement, des critères de convergences économiques, il y a des goulots d’étranglement partout et à tous les niveaux pour décourager l’africain à prendre son destin en main.

Que celà soit dit et c’est la vérité: Le FMI, la Banque Mondiale, le Club de Paris, l’OMC et leurs démembrements multiformes travaillent tous à maintenir notre continent dans le statut quo actuel. Plus, il nous est difficile aujourd’hui de nous fier à nos regroupements régionaux et sous-régionaux, totalement sclérosés tels: l’AU, la CEDEAO, la SADC et consorts, nantis au départ d’une noble mission, celle de construire l’Afrique.

Au delà de l’afro-pessimisme, c’est bien la recherche des causes du mal africain dont il est question pour endiguer le mal

Ainsi, plus de huit cents ans se sont écoulés que l’Afrique continue d’être martyrisée pour ses nombreuses richesses humaines et minières.

Victime forcée ou consentante, le continent noir se présente aujourd’hui, déboussolée, désorientée et défigurée par les assauts répétés extérieurs et aussi par la couardise et la traîtrise de ses enfants.

C’est une vérité que la géopolitique hier comme aujourd’hui, est au prime abord, dirigée contre les peuples africains considérés comme des sous-hommes ne méritant aucune considération des autres et pourtant, le monde a tiré et tire toujours tout de ce continent béni de Dieu.

Ce monde n’est-il pas en perdition à cause de la course effrénée à l’avoir à tout prix?
Une question auquelle chacun doit savoir répondre au regard de l’image hideuse que présente aujourd’hui l’humanité toute entière.

Il va sans dire, que sur l’autel des intérêts, tout va à vau-l’eau, y compris notre humanisme encore moins notre amour pour le prochain. Il est évident que l’entraide aussi a perdu de son attrait pour ne se baser finalement que sur des calculs dont le but final est l’asservissement de l’autre

Nous vivons donc un monde où les puissants écrasent sans ménagement les faibles et où loin de prendre conscience, les faibles se combattent soit pour accaparer le peu de subsistance à disposition, soit pour se mettre du côté des puissants, à qui, ils livrent à peu de frais leurs biens communs

Triste constat qu’au delà des guerres de conquêtes, la forme la plus déshumanisante de la géopolitique
mondiale tire son essence, en ce qui concerne l’Afrique, de la traite négrière et de la colonisation.

En effet, si l’Europe a soumis les noirs dès quatorze cent jusqu’au 18è siècle par l’esclavage, elle a parachevé la déshumanisation du nègre (péjoratif insultant), avec la colonisation, qui, d’après elle, est moins attentatoire à la morale depuis 1825, date à laquelle, l’Europe a décidé la balkanisation de l’Afrique pour mieux la piller.

Il s’avère donc difficile pour le continent noir de se redresser après avoir subi plus de trois cents ans de traite négrière et près de cent cinquante années de colonisation, l’une comme l’autre ayant laissé des traces indélébiles de chosification d’une partie de la gente humaine considérée moins que du bétail.

Loin d’une sempiternelle lamentation, c’est un appel à une prise de conscience puisqu’en se basant sur les faits, rien que sur les faits, le noir doit s’interroger sur son sort en toisant l’histoire, les actes et les déclarations des dirigeants du monde puissant.

Qu’on se souvienne, que Jacques CHIRAC, ancien Président français, déclarait dans le journal, LE MONDE du 13 février 2007, je cite: nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières. Après, on a dit, (les africains), ils ne sont bons à rien. Au nom de la religion, on a détruit leurs cultures et maintenant, comme il faut faire les choses avec plus d’élégance, on leur pique leurs cerveaux grâce aux bourses. Puis, on constate que la malheureuse Afrique n’est pas dans un état brillant, qu’elle ne génère pas d’élites après s’être enrichi à ses dépens.en lui donnant des leçons. fin de citation. Ces propos quoique cyniques, sont d’une exactitude patente et sont coroborés cumulativement par deux autres déclarations, la première du même Jacques CHIRAC, cette fois-ci à Abidjan en Côte d’Ivoire en 1991, je cite: La démocratie est un luxe pour les africains, fin de citation, suivie de celle du Vice Premier ministre Italien en 2019, Luigi Di Maio, je cite: Si la France ne décolonise pas des dizaines de pays pour lesquels, elle imprime elle même des francs CFA, alors nous continuerons à avoir une Afrique pauvre et une Europe hypocrite fin de citation.

A ces propos, les autorités françaises et autres n’en ont cure. Elles continuent d’aller dans l’asservissement de nos pays en adoubant sans aucune limite des chefs d’États africains indélicats comme, et ce n’est pas moi qui le dit, Loïc LE FLOCH-PRIGENT, ancien PDG de EILF, qui cite le Congolais Dénis SASSOU N’GUÉSSO, le Camerounais, Paul BIYA, le Togolais Faure GNASSINGBÉ, le Tchadien Idriss DÉBY et toute la suite que ne démentiraient point, les récentes prises de positions du Président Emmanuel MACRON vis à vis du Togo avec la réélection de Faure GNASSINGBÉ pour un quatrième mandat et d’Idriss DÉBY mort remplacé par son fils avec la caution attentatoire de la France.

Et nous revoilà dans le cercle infernal des Républiques bananières qu’on croyait en voie de disparition mais qui reprennent du poile de la bête avec en plus, l’emprise chinoise qui se matérialise de plus en plus dans nos pays et ce, malgré l’ère démocratique qui a soufflé ces trente dernières années sur l’Afrique.

Y a-t-il matière pour les africains d’aller à la résignation définitive et de continuer par subir cet affront ? Bien sûr que non, il nous faut nous armer d’avantage de courage pour faire échec au cynisme diabolique qu’on nous impose. Ni la cession, ni la concession à peu de frais, sinon à presque rien de nos unités économiques comme la concession des ports du Cameroun, de la Guinée et du Togo à BOLLORÉ et ni le bradage de nos ressources minières, forestières et halieutiques, ces handicapes ne doivent pas être un frein à notre détermination pour relever notre continent.

Il est bien temps de nous affirmer et la nature nous y aide déjà. Regardons ce qui se passe devant nous: Nous avons survécu aux brimades de tous genres, aux mépris, aux insultes et aux attaques virologiques, la peste, la variole, le choléra, le SIDA, l’Ébola et nous sommes moins atteints par le corona-virus (choses curieuses non?).

Il nous faut nous mettre debout car ceux qui par méchanceté détruisent l’Afrique sont enfin convaincus que c’est en vain qu’ils réussiront leurs funestes desseins, l’Afrique devenant le continent d’avenir et qui subit les envies les plus folles.

Notre continent est non seulement le berceau de l’humanité, mais et surtout le berceau de tous les savoirs, l’écriture, les mathématiques, l’économique, l’architecture, la médicine et la musique. Les sciences de la gestion sont aussi venues de l’Afrique, même le concept de la bonne gouvernance, datant de onze cents, est d’Ahmed BABA, le grand savant africain qui a créé la toute première Université du monde à Tombouctou au Mali. Il est également celui qui a imaginé le grade des professeurs par le port de turban à un tour jusqu’au 7è.

Nous ne devons pas avoir honte de notre état mais nous devons nous en saisir comme un ferment qui doit booster notre devenir.
L’Afrique gagne toujours malgré une géopolitique qui tente de la réduire à presque rien. Elle dit à ses enfants comme le laboureur et ses enfants de Jean DE LA FONTAINE, je cite: …Gardez-vous de vendre l’héritage que vous ont laissé vos parents. Un trésor est caché dedans… Que cette exhortation serve tout africain que nous sommes.

Francis Pédro AMUZUN

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