Société

[Chronique] LE DROIT AUX ÉMOTIONS: L’HOMME (h) EN EST-IL INTERDIT ?

LES HOMMES SONT-ILS AUTANT ÉMOTIFS QUE LES FEMMES?

CAS PRATIQUE: Prise dans une relation amoureuse, une femme réellement éprise de quelqu’un et dans toute la splendeur de sa douceur lui exprimera toujours spontanément ses sentiments (À moins qu’elle soit vraiment de nature timide ou pudique). L’homme quant à lui, en bon « mâle » proclamé ne le fera pas souvent, peut-être par peur d’être considéré comme un sentimental, un neuneu. Aussi banalement, leur belle histoire pourrait en pâtir, en souffrir puis mourir à petit feu. N’est-ce pas un véritable gâchis?

QUESTION: LES HOMMES SONT-ILS AUTANT ÉMOTIFS QUE LES FEMMES?

Avant tout propos, il importe de savoir que les émotions classiques, les plus reconnues sont en tout sept (07). Il faut en effet dénombrer la peur, la joie, la colère, la tristesse, le dégoût, la surprise et le mépris. À toutes fins utiles, chez l’homme, les différentes manifestations ou expressions un peu « gnongnon » ou débordantes qui font suite à la peur, à la honte et à la tristesse, ne sont ni tolérées ni autorisées par son entourage. Non, il ne doit pas flancher, oh grand jamais!

Chez les femmes, on parle d’hormones, de sensibilité, de faiblesse, de larmes faciles, de sexe faible et des moments particuliers de leur vie tels que la grossesse, les menstrues et autres pour valider leurs états émotionnels; Tandis que pour les hommes, on a toujours parlé de sexe fort, de muscles, de biceps, de pantalon, de gros dur, de dur à cuir, de neuf (09) côtes et j’en passe. Soit!

Après ce que je vais écrire, ils vont peut-être m’avaler toute crue (rires) mais la vérité est que ces messieurs peuvent eux aussi pleurer comme une madeleine (ils cachent bien leur jeu). Oui, ils possèdent bien au fond d’eux cette corde sensible et fragile. Ils ne sont juste pas aussi expressifs voire démonstratifs que les femmes. La société quant à elle, n’arrange rien puisqu’elle cautionne cette conception depuis la nuit des temps.

En effet, à un petit garçon qui s’est cogné ou a fait une mauvaise chute, s’est fait mal et s’est confondu en larmes, sa mère et son père à plus forte raison, lui feront de vives reproches en ces termes: « Chut! Essuie vite ton visage. Un homme est fort. Il ne pleure pas, il doit toujours être courageux ». Et puis quoi encore?! Résultats des courses: Il grandira avec l’idée fixe que les pleurs sont réservés aux filles et aux femmes et que les hommes n’ont pas le droit de lâcher prise.

Pourtant, même pour un homme, s’épancher parfois ne fait pas de mal, mettre en berne sa fierté, laisser libre cours à ses émotions, faire preuve de sensibilité, d’amabilité, de sincérité, d’affection, de tendresse, etc… n’altère en rien sa condition masculine. Elle révèle juste son humanité et le monde d’aujourd’hui, s’en réjouirait parce que du coup, il serait fait de moins de pères démissionnaires, de frustrés, d’indélicats, de rustres, d’insensibles et de goujats (Qu’on m’excuse mais le fait est que c’est une triste réalité).

Un homme qui adore la couleur rose et ne s’en cache pas, dit régulièrement « Je t’aime », « Tu me manques », « J’ai envie de te voir » à sa dulcinée; un homme qui devant un film romantique ou triste est touché, a la chair de poule, est pris d’une crise discrète de sanglots ou qui est sensible à la beauté, à la mode, au glamour et au fashion, n’est ni une chochotte ni une mauviette. C’est seulement un homme grandeur nature avec ses faiblesses, ses sensibilités et peut-être ses imperfections.

On pourrait ainsi toutes et tous concevoir qu’un homme qui à l’instar d’une femme est une personne à part entière, puisse dans les moments de deuil, de joie, d’amour, de surprises, de séparation, de mélancolie, de crainte, s’émouvoir d’une manière ou d’une autre. Réaction d’ailleurs conseillée parce que pleurer par exemple, soulage, libère, destresse et peut mettre de meilleure humeur.

Parlant de cette question d’état émotionnel des femmes et des hommes, tout part de la société, des mentalités générales et de l’éducation parentale. Dès le bas-âge, la fille ne devrait pas être la seule à être entretenue comme une poupée de porcelaine fragile et le petit garçon ne devrait pas avoir honte d’avoir peur et de pleurer. C’est en effet des réactions naturelles et spontanées que de s’exterioriser et le sexe (masculin) ou le fait d’être né garçon, n’empêche pas d’être un simple mortel, un humain.

Il faudrait donc que ces considérations sociales et sexistes soient revues, que les parents reconsidérent l’éducation qu’ils donnent tant aux garçons qu’aux filles, que les concernés c’est-à-dire les enfants, adolescents, les jeunes hommes et femmes, ainsi que les personnes âgées (autant les hommes que les femmes) puissent avoir le droit aux émotions sans s’inquiéter du qu’en dira t-on? Et sans nourrir la peur d’être jugé(e)s par la société. De tout ceci découlera peut-être un peu plus de paix dans les cœurs, dans les maisons, dans les amours et surtout de la sensibilité pour notre monde en mal d’Amour.

Crédit image: Internet.

Anita MARCOS.

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