Éducation

Togo/Éducation : Les langues nationales ne pèsent pas dans le système éducatif togolais

Sur la trentaine de langues locales qui existent au Togo, seules deux sont véritablement équipées. De plus, au niveau national, l’éducation formelle se fait en français de la maternelle au supérieur. Une stratégie qui ne favorise pas une acquisition des nouvelles connaissances auxquelles l’enfant est exposé à l’école, selon les experts.

« C’est bien prouvé au niveau de la psychopédagogie que l’acquisition des éléments linguistiques de base de chaque apprenant constitue les fondamentaux qui permettent à l’enfant d’asseoir ses compétences avant de s’ouvrir à une autre valeur linguistique ou une langue étrangère », rappelle le Professeur Essodina Péré, enseignant chercheur en linguistique à l’université de Lomé.

L’éwé et le kabiyè, seules exceptions

C’est en 1975, dans le cadre d’une réforme de l’enseignement, que le Togo élève deux langues locales au statut de langue nationale et qui sont enseignées dans les écoles. Il s’agit de l’éwé, la langue la plus véhiculaire du pays et majoritairement parlée au sud Togo mais aussi au Ghana et au Bénin. La seconde langue nationale est le kabiyè, parlée dans une partie du nord du pays.

Ainsi l’éwé et le kabiyè disposent d’une académie. Ces académies ont pour, entre autres mandats, de contribuer à la codification de ces langues mais aussi de soutenir leur enseignement à travers la production de manuels didactiques.

Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’Académie de langue kabiyè, parle des réalisations de cette académie.
« L’année dernière, l’académie a sorti des livres d’enseignement dont L’orthographe et grammaire kabyè et Mon livret de vocabulaire kabyè », fait savoir l’académicien. « Cette année 2021, il est prévu le renouvellement du syllabaire kabiyè, en même temps qu’il est prévu la mise à jour des différents manuels d’enseignement et la reprise et l’agrandissement du dictionnaire kabyè-français, français-kabyè », ajoute-t-il.

« Si on nous avait enseigné les mathématiques dans nos langues, nous n’aurions pas des problèmes », approuve le Professeur Essodina Péré.

« Nous avons honte de nos propres langues »

Parler plusieurs langues permet à une personne de s’enrichir culturellement. Mais dans certaines familles togolaises, il est interdit aux enfants de s’exprimer en langue locale. Une aberration qui retarde le développement, estime Antoine Kossi Aféli, professeur titulaire de linguistique à la retraite.

« C’est par les langues maternelles et nationales que les enfants d’un pays peuvent d’abord être scolarisés et donc participer plus activement au processus de développement », fait noter le Pr Afeli.

Pr Antoine Kossi Aféli, enseignant chercheur à la retraite, pourtant explique-t-il, une bonne politique linguistique est non seulement salutaire sur le plan éducatif mais contribue aussi à enraciner les valeurs et la culture. »Nous avons honte de nos propres langues et cultures et nous ne pensons qu’à la culture de l’autre comme étant celle qui doit apporter le salut et la promotion sociale », déplore le Pr Afeli.

« Même ceux qui maîtrisent très mal le français, parlent le français à leurs enfants à la maison, ce qui est extrêmement dommage », regrette-t-il.

L’éducation, fondée sur la première langue ou la langue maternelle, doit commencer dès la petite enfance, recommande l’UNESCO, Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

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