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Togo/ La loi sur la gestion des sachets plastiques, 10 ans de jogging juridique

Le Togo est l’une des nations championnes en ratification de traités et accords internationaux pour ne jamais les appliquer. Des conventions, partant des droits humains à la démocratie, en passant par les coopérations internationales bilatérales et multilatérales sont toujours considérées comme n’ayant jamais existées. Dans le domaine de la gestion de l’environnement, et de lutte contre le réchauffement climatique, le Togo s’est juste révélé comme un don juan, un simple flatteur de première loge.
En 2011, plusieurs sommes-nous à avoir applaudi l’adoption du décret N° 2011-03 portant gestion des déchets et emballages plastiques. Une décennie plus tard, ce grand bond n’a fait qu’aboutir à la piste de décollage.
Les déchets plastiques au Togo continuent de faire route avec les Togolais, et plus rien ne semble inquiéter personne.
Les Togolais et les sachets plastiques connaissent une intimité depuis des temps immémoriaux. Les sachets sont utilisés dans une multitude de cas d’achats et de ventes. Et le grand malheur, c’est que ses conséquences sont très coûteuses tant sur le plan sanitaire qu’environnemental.
Nos quartiers sont assiégés par des sachets plastiques et nos corps croupissent sous le poids des maladies cancérigènes.
Alors que plusieurs paraissent être rejetés et abandonnés, n’est-il pas plus humain et plus ‘’humanitaire’’, pour le pouvoir politique, de se rappeler de cette disposition légale et de voler au secours d’un peuple assez pollué ?
La loi sur les sachets plastiques est un décret présidentiel adopté en Conseil des ministres le 05 mars 2011, qui réglemente la production, l’importation, la distribution, la commercialisation, l’usage, la collecte, le recyclage des sachets et emballages plastiques au Togo.
Selon l’article 3 de cette loi, « sont autorisés, la production, l’importation, la distribution, la commercialisation, l’utilisation, la collecte, le recyclage-des sachets et emballages biodégradables- des sachets à usages médicaux et pharmaceutiques- des sachets utilisés dans des activités agricoles- des sachets alimentaires non-toxiques ».
Mais en toute franchise, ce joli travail n’a servi qu’à décorer le ‘’panthéon’’ des lois togolaises.
Les sachets plastiques non-biodégradables ornent le quotidien des Togolais. Ils s’en servent à chaque instant et n’hésitent pas de les jeter sur des dépotoirs sauvages qui sont devenus de véritables quartiers généraux d’insalubrités. Le moratoire de six (06) mois qui a été donné aux entreprises productrices de sachets plastiques de se conformer aux nouvelles dispositions légales, n’a pas été respecté ; les plaintes des organismes de défenses de l’environnement sont mis sous les éteignoirs ; les importations continuent, les inondations deviennent récurrentes ; plus personne ne craint le cancer, bref l’hôpital se fout royalement de la charité.
L’interdiction des sachets plastiques non-dégradables au Togo est une chimère. Les usines de fabrication des sachets plastiques continuent de tourner jour et nuit. Leurs commerces continuent. D’importantes cargaisons circulent dans nos marchés, et sont hautement plus toxiques que jamais.
Selon des chercheurs, huit millions de tonnes de déchets plastiques vont chaque année dans les océans. À ce rythme, il y aura en 2050, plus de déchets plastiques que de poissons dans les océans.
La ville de Lomé à elle seule, utiliserait plus de 3 milliards de sachets plastiques par an selon les rapports de l’association de protection de l’environnement « Pour un avenir ensoleillé (PAE) ».
La décomposition d’un sachet plastique nécessite plus de trois siècles. Et, considérant ces derniers chiffres, le Togo est très mal barré. Plusieurs inondations survenues dans la capitale sont dues aux caniveaux bouchés par les sachets plastiques.
Il est bien d’avoir une bonne législation, mais il est mieux de la mettre en application.
Nos gouvernants se doivent de passer très vite à une plus rapide et stricte application de la loi sur la gestion des sachets plastiques.Le comité de sui-évaluation chargé de la gestion de la filière des sachets et emballages plastiques bio ou non-dégradable doit se réveiller de son coma.
Le Togo doit encourager la production des emballages biodégradables ou recyclables. Sinon, la majeure partie de la population succombera au cancer et à l’inondation.

José LeDivin

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