Culture et traditionSociété

Le mariage, la dot … Un contrat d’intérêt?

La dot est donc le gage de l’alliance conclu entre 2 familles qui se mobilisent de part et d’autre, pour donner toute leur bénédiction aux époux, à leur amour, à la paix et à  la sécurité, une alliance qui fait tomber les barrières entre lignages et dont la solidarité subsiste longtemps après, même après l’échec du mariage ou la mort de l’un des deux époux. Le contexte contemporain et l’importation de la  copie conforme des dispositions venues d’ailleurs ont vidé la dot ou le mariage traditionnel de son sens. La femme recevait certes les biens dotaux mais le mariage était également scellé par cette cérémonie et il n’y avait aucun acte car nous étions dans une société sans écriture. Une certaine connaissance de la culture africaine permet de percevoir toute la sagesse et la valeur juridique de cette institution millénaire encore enracinée en Afrique.

C’est un rite qui a survécu à la période coloniale, alors même que des colons, notamment français, s’en offusquaient. Une longévité qui tient à sa double – et parfois triple – légitimité : coutumière, légale et religieuse (la dot est mentionnée à plusieurs reprises dans la Bible et le Coran). ». Jeunes, moins jeunes, surdiplômées ou illettrées, féministes ou traditionalistes, rares sont les femmes africaines mariées à ne pas être passées par la case dot. Même chose au sein des diasporas et dans les couples mixtes. Jeunes, moins jeunes, surdiplômées ou illettrées, féministes ou traditionalistes, rares sont les femmes africaines mariées à ne pas être passées par la case dot. Même chose au sein des diasporas et dans les couples mixtes.

Ainsi il est impensable de séparer la dimension personnelle et la dimension familiale, communautaire dans le mariage africain. Nous devons reconnaitre que le passage de la dot coutumière composée de biens matériels à sa contre-valeur en monnaie a conduit à des abus qu’il faut absolument combattre étant donné son importance dans le mariage coutumier. Conscient du danger que font courir cette noble institution des parents cupides qui la transforment en opération commerciale, beaucoup en demandent carrément l’abolition car beaucoup de femmes en subissent des méfaits terribles. La Dot n’est nullement pas un moyen pour les parents de s’enrichir, comme on le voit aujourd’hui dans nos sociétés. Dès lors, se marier est un acte qui ne peut être posé à la légère car les époux sont sur le point d’exercer, au nom de tous et avec leur participation, un acte sacré, un vrai ministère de la vie pour l’avenir de la lignée.

Nous devons lutter pour lui redonner sa vraie valeur afin qu’elle ne soit plus considérée comme une occasion de profit mais essayer de la remettre dans son contexte traditionnel comme la pratiquaient nos ancêtres, comme un vrai échange qui donne beaucoup de chaleur affective et cultive la générosité et la solidarité. Car pour survivre comme identité et échapper à la dissolution culturelle complète, il faut que l’Afrique arrive à moderniser elle-même ces traditions. Car toute société produit sa propre culture par rapport aux questions qui se posent à ses membres, et ce sont les réponses à ces questions qui se transforment en traditions.

Nos Etats Africains légifèrent là-dessus pour empêcher les familles d’en faire un commerce et forcer leurs filles à des unions sans amour où elles sont maltraitées parce que le montant de la dot consentie était exagérément élevée ce qui donne au mari et sa famille le sentiment d’user d’un objet acheté à prix fort. Pour la cherté de la dot, beaucoup de jeunes hommes n’arrivent pas à honorer leur engagement. La plupart parmi eux ont des difficultés à négocier la dot auprès de leurs beaux-parents. Pour ceux qui sont déjà avec la fille, après les premiers pas, la vie continue. Après 1, 2 ou 3 enfants, on oublie la dot. Aujourd’hui, beaucoup de filles (en âge de se marier et de fonder un foyer) restent chez leur parent à cause de cette situation. Elles deviennent finalement ce qu’on appelle ici des « vieilles filles ». Cependant c’est aujourd’hui rien n’empêche de lui redonner son sens et que pendant la cérémonie un officier d’état civil reçoive le consentement formel des époux alliant pratique traditionnelle et droit moderne.

Dans un premier temps, nous pouvons dire sans nous tromper que de nos jours, ni la dot ni le mariage ne se basent sur l’amour. Tout est devenu matériel. La femme choisit son mari pour la taille de son portefeuille. Et pour ça, elle est prête à tout y compris la bestialité. Des hommes se marient à cause de la taille du portefeuille de certaines femmes, ou simplement à cause de sa beauté. Dans ce cas, c’est un désir de coucher simplement avec elle. Il y a aussi des femmes qui se lancent de défi de se taper des hommes beaux, corpulents etc., idem du côté des hommes qui désirent des femmes belles, des fesses bien relevées et les seins bien soutenus. Dans certaines communautés, le mariage se base sur la volonté des parents. La fille n’a plus rien à dire. La dot est encore souvent incontournable. Payée par le fiancé, elle permet de sceller l’union entre deux familles. Et demeure très codifiée. Comme le mariage civil lie les époux à l’Etat et le mariage religieux à l’Eglise, le mariage coutumier est d’abord une alliance entre deux familles pour assurer la perpétuation du lignage par l’intermédiaire des 2 conjoints consentants et conscients de leur rôle de délégués.

En général, le mariage traditionnel africain comprend 3 importantes phases qu’on résume le plus souvent par le mot « dot », que certaines législations africaines reconnaissent. Ainsi on aura : La rencontre et la présentation des deux familles, la remise officielle des cadeaux, et le rite d’union proprement dit. La dot, loin d’être un prix à payer aux beaux-parents en contrepartie de leur fille, est un cadeau qu’un homme offre à une femme avec laquelle il forme un projet de mariage. Chacune de ces phases suppose des postes de dépense précis, constitue d’intenses moments de fêtes inoubliables pour les couples. Le oui conjugal africain ne lie pas seulement l’homme et la femme qui l’émettent, il lie  l’homme à la femme et à la famille de la femme, et la femme au mari et à la famille du mari.

La rencontre et la présentation des deux familles

En réalité avant cette phase, certaines démarches ont été déjà menées par la famille du fiancé auprès des membres influents de la famille de la fiancée. Donc en fait la présentation des deux n’est la phase officielle de l’opération. Au cours de cette phase, Sur le plan protocolaire les futurs mariés qui font profil bas, cèdent l’autorité aux deux chefs de famille qui occupent les premières places cette soirée-là, et qui confient (chacun de son côté) le pouvoir de négociation à une personne diplomate, doué de tact et du « savoir parler ».

Ainsi, dans une ambiance rituelle, le diplomate (A) choisi par le chef de famille de la fiancée interroge la famille hôte (famille du futur marié) à se présenter (filiation, rang nobiliaire, Etc…) et donner les raisons de leur visite dans la concession. Le diplomate (B) choisi par le chef de famille du fiancé, sans au préalable répondre qu’il vient chercher la femme, utilise différentes tournures et formules de langage pour apporter les réponses les plus courtoises, diplomatiques et indirectes. Ce jeux de questions réponses, s’il aboutit à une acceptation de la famille du futur marié par celle de la future mariée, la phase d’échange de cadeaux ou de la dote commence.

La phase des cadeaux : la dot

En effet, cette phase est généralement celle de la remise officielle de certains demandes matérielles symboliques, exigées par les parents de la future mariée en récompense des différents efforts d’éducation, de protection, de nutrition qu’il ont pu fournir à leurs filles dont le départ va créer un vide voir une perte auprès d’eux. C’est aussi le moment de remettre officiellement à la future épouse son cadeau symbolique qui varie en fonction des cultures. Pagne en tissu, boissons traditionnelle, Kola, datte, lait, vin de palme, liqueurs diverses, jus de fruit, bague de fiançailles, bijoux, chaussures, argents Etc… La symbolique ici est de montrer officiellement que la fiancée ne pourra pas souffrir. Certains cadeaux (généralement de l’argent en espèce) sont remis confidentiellement aux parents et à certains membres importants de la belle famille. Les cadeaux officiels à remettre ce jour-là, sont variés et dépendent des tribus ou des ethnies.

Le rite d’union : Symbole de l’union pour la vie

Originellement ce rite symbolisait l’union de deux familles pour toute l’éternité. Le divorce n’existant pas dans la majorité des cultures africaines. C’est pour ces raisons que dans certaines tribus, les veuves avaient le droit d’épouser l’un des frères de leur défunt mari, et l’héritier avait le droit de considérer les femmes de son père comme les siennes après le décès de celui-ci. Cette logique qui jusqu’à nos jours existe encore dans certaines tribus de l’Afrique du centre ou de l’Ouest, témoigne de l’éternité du lien mariage en Afrique.

C’est pour cette raison qu’en général, lors de certains rites d’union pendant le mariage traditionnel, les officiants coutumiers mélangent symbolique deux différentes boissons (vin de palme et vin rouge par exemple) qui deviennent homogènes, et font boire le breuvage à ces deux futurs époux ; Par cet acte symbolique ces futurs époux jurent devant l’assistance qu’ils acceptent d’être unis pour toute la vie. Et pour symboliser cette acceptation, la mariée en général remet au chef de leur famille, un breuvage et un fruit fort symbolisant pour son ethnie (Kola, datte, lait, vin de palme …), qui à son tour redistribue à toute l’assistance. Après cette phase finale qui se termine dans les réjouissances, la famille du marié peut rentrer avec leur désormais nouvelle épouse.

La persistance de la dote

Pendant près de quatre heures, les deux familles, qui ont chacune un porte-parole, se prêtent à un jeu de rôle traditionnel plein d’humour. Les règles, bien précises, sont expliquées au fur et à mesure par le maître de cérémonie. Lequel vérifie surtout que tous les éléments indiqués sur la liste de dot, établie par la famille de la future épouse, ont bien été apportés, et les présente un à un à l’ensemble de l’auditoire. Là, dans l’allée qui sépare les deux familles, au milieu de tous, défilent « deux cartons de bouteilles de Heineken », « deux bouteilles de whisky Black Label », « deux cartons de côtes-du-rhône », « un costume sombre », « dix pagnes wax », « dix foulards », « six lampes lucioles », « cinq grosses marmites », etc. Seules les sommes d’argent dues, dont une amende pour retard le jour « j » et une autre pour l’enfant que le couple a eu il y a un an, seront passées sous silence. La famille de l’épouse, qui a pris en charge une grande partie de l’organisation du festin, offrira quant à elle un bœuf à celle de l’époux. Pour de nombreuses autres ethnies en Afrique subsaharienne, le versement de la dot suffit amplement à sceller une union. Le couple se dit désormais « marié » « Verser ou accepter une dot, c’est comme dire “oui” devant le maire.

Le « prix de la mariée »

Chez les Ewés su Togo par exemple, elle compte différentes étapes, chacune dotée d’un sens. Les fiançailles officielles commencent dès que le prétendant a « frappé à la porte » : il s’est présenté au domicile des parents avec force boissons pour effectuer sa demande. Une bouteille est remise au futur beau-père. Si la jeune fille refuse, tout s’arrête là. Sa réponse est négative. Si elle donne son accord, la bouteille est ouverte. Elle en partage les premières gorgées avec son fiancé, en présence de représentants des deux familles. Suivent des pourparlers pour fixer les montants de la dot et des prestations à fournir. Une femme ne se sent réellement mariée qu’à partir du moment où son mari a payé la dot, dont on connaît la valeur à la fois économique et symbolique.

Les enfants sont légitimé par le payement de cette dot car il clôture les dons du mari et signifie que ce dernier est libre de dettes à l’égard de sa belle-famille. La dot est mentionnée dans nombre de codes de la famille ou codes civils africains. « [Elle] a caractère de symbole. Elle peut être payée en nature, en espèces ou sous les deux formes. Son montant ne peut excéder 10 000 F CFA », dispose le code togolais des personnes et de la famille (art. 56). Alors qu’elle est tout simplement interdite au Burkina Faso (art. 244 du code des personnes et de la famille) et en Côte d’Ivoire (art. 20 de la loi d’octobre 1964), elle est, en RD Congo, en Guinée ou à Djibouti, une obligation qui valide le mariage. Pourtant, la dot n’a pas toujours bonne presse. D’abord à cause de son coût : il est parfois si élevé que ses détracteurs l’assimilent à une forme de marchandisation de la femme.

La dot est une institution importante et incontournable dans la célébration du mariage au sein de nos sociétés africaines et mérite toute notre considération. Si le mariage a toujours entrainé le versement d’une dot en Afrique, il est bon de préciser le sens de cette tradition, double, selon qu’il est mis dans la bouche de l’occident ou dans celle de l’Afrique. En occident, la dot est constituée des biens que l’épouse apporte au mariage, bien qu’ils lui appartiennent en propre. En Afrique, la dot est l’ensemble de biens que le mari doit céder à sa belle-famille pour rentrer dans ses droits matrimoniaux. Ces biens peuvent être de nature différente selon qu’un peuple est agriculteur, guerrier, chasseur ou de lignée royale… Ce qui est commun à tous ces biens qui constituent la dot, c’est la valeur qu’ils symbolisent et non leur utilité, car généralement ils sont conservés comme témoignage, preuve juridique du mariage ou encore comme instrument dotal pour se procurer une femme auprès d’une autre famille. Beaucoup définissent souvent la dot comme les biens que cèdent l’époux à la famille de la mariée pour compenser la perte subie par celle-ci. Je voudrais simplement souligner que par mot «perte», on ne désigne pas la perte économique comme si les biens et l’argent versés pouvaient remplacer un être humain. Par perte, nos ancêtres désignent la perte d’une femme du clan, parce que celle-ci est d’abord vue sous l’angle potentiel de reproductrice, c’est par elle que passe la pérennité de la descendance, donc la survie du clan.

Nos parents posent souvent une question fondamentale à leurs enfants qui veulent s’unir par le lien sacré du mariage et qui doit réveiller l’opinion: As-tu eu le temps de le connaître? Ils répondent oui alors qu’ils n’ont jamais compris le sens de la question. C’est une question très profonde de sens. Et ça appelle plutôt à une réflexion profonde notamment celle de savoir comment apprendre à connaître l’autre? Se connaître est important. Prenons l’exemple de la formation d’une équipe de basketball. Un travail de casting se fait et les critères sont nombreux. Il faut connaître les atouts qui motivent le choix de x ou y. Ensuite, le joueur choisi, apprend à connaître ses coéquipiers et vice-versa.  Dès lors qu’ils se connaissent et sympathisent, le reste est une question de discipline, de communication, de compréhension, d’adaptation etc. Se connaître est important. Je suis du nord où bonjour ne constitue pas un manque de respect. Mon partenaire est du sud, du nord où le bonjour se dit avec la manière. Juste un exemple. La Bible a été claire en définissant les règles qui participent à l’union de deux personnes. Aujourd’hui, les femmes veulent être porteuses de pantalons dans le foyer. Suivez mon regard. Ça ne marche pas. L’indiscipline et l’impolitesse prennent le pas sur le respect et met fin à la vie de couple. Dans une équipe, lorsqu’un joueur devient indiscipliné, il est écarté du groupe. Allez-y comprendre…

Certains vont jusqu’à réduire la dot au prix d’achat ou de vente d’une femme ce qui est une aberration!  C’est la preuve d’une grande ignorance. En effet, personne, même aujourd’hui avec les dérives que nous connaissons, ne réduira la dot au concept d’achat d’une femme. Car qui dit achat, dit acquisition pure et simple, donc propriété. Un objet acquis peut être échangé, vendu, détruit, or le mari n’a sur sa femme aucun de ces pouvoirs. La propriété de la femme ne  passe pas du clan de la femme à celui du mari. La femme est toujours membre de son propre clan. Ainsi la dot perçue pour une jeune femme d’une famille, peut servir à en épouser une autre, qui par sa fécondité va la remplacer et continuer à pérenniser la lignée d’un clan.

Beaucoup veulent donner à la dot une valeur économique en place et lieu de sa valeur juridique. Se représenter le versement de la dot comme l’achat d’une femme est une de ces idées simplistes et injurieuses comme il en traine tant dans le monde occidental sur les traditions africaines. Notons que la dot ne résume pas à elle seule le mariage africain mais en fait partie. Elle est l’une des étapes dans le processus du mariage coutumier. Celui-ci n’est pas un contrat conclu en une seule fois pour toutes, mais un processus dynamique dont le 1er stade est constitué par les fiançailles et ensuite la dot, qui est le gage de cette alliance qui va suivre.

Malheureusement c’est devenu un contrat d’intérêt et non de mariage. Aujourd’hui, le vrai mariage est rare comme la sueur sur le corps du lézard. Le mariage vrai, prend racine à partir des sentiments vrais qui ne tiennent ni compte de la beauté, ni de l’argent, ni de la volonté des parents ou encore moins de la position sociétale de l’homme ou la femme. C’est une question de cœur qui s’ouvre l’un à l’autre, avec une lueur qui se lit sur les deux visages, à ne pas confondre avec un coup de foudre trompeur qui amène à faire un feu de paille. Mais dans d’autres contextes, il peut y avoir l’amour mais l’incompréhension de l’émancipation de la femme alimente l’impolitesse et l’irrespect de son mari. Ainsi tout finit par voler à l’éclat. Très souvent, Les couples qui célèbrent leur jubilé de 25, 30, 35, 40 ans de vie commune et se passent une bague, réussissent leur mariage. Ils ont pris le temps nécessaire pour s’étudier, se connaître, fonder une famille, asseoir sur une base inébranlable une relation qui fait d’eux, frère et sœur.

Les fiançailles ont une double signification. Elles sont d’abord le consentement implicite des 2 futurs époux d’annoncer leur projet de mariage aux familles. Elles sont ensuite l’acte qui donne lieu à l’accord officiel ayant pour effet de réserver la fille au garçon venu la demander en mariage et le garçon à la fille ayant consentie à cette demande. Cet acte officiel est appelé «présentation» puisque c’est la rencontre officielle des deux familles, pour signifier que la porte est fermée aux autres prétendants. Ainsi le mariage africain procède par étapes et comporte à chaque étape des rites et des actions symboliques.

De nos jours, à peine a-t-on le temps de se déshabiller après la cérémonie et la bénédiction du prêtre ou du pasteur que la guéguerre commence pour aboutir à un foyer d’enfer, invivable pour aboutir à une séparation ou à un divorce. Ils ne se connaissent pas. Que voulez-vous qu’ils fassent en dehors de la guerre dont le coup d’envoi venait d’être donné par le maire… (Rire). Ceci interpelle quant à une réflexion profonde.

Le Divin

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