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Société

Dès l’âge de 15 ans mon oncle m’avait toujours violé !

Tabou parmi les tabous, l’inceste garde une place à part dans les violences sexuelles sur mineurs. Un phénomène bien récurrent dans nos sociétés et rare sont les victimes qui en parlent. L’inceste est le fait d’avoir des relations sexuelles avec un membre de sa famille.

Diane, la quarantaine brise enfin le silence et nous raconte son vécu en se confiant à notre rédaction dans le seul but d’être lu et ainsi briser le silence et aider celles qui ont eu à traverser une si mauvaise expérience. Diane est aujourd’hui responsable d’une boutique de prêt à porter.
« j’avais 15 ans en ce moment quand mon oncle prenait plaisir avec moi, me violait. Il avait cette manière bien à lui de m’appeler sans que je ne doute de rien, il me disait souvent de venir prendre un truc ou de lui faire un travail dans sa chambre. Et une fois dans sa chambre il me prenait de force, je criais mais personne ne venait à mon secours. À chaque fois que papa partait au service et maman va au marché c’est ce qui se passait entre nous. Ce qui m’a déçu le plus c’est le fait que ma maman m’a traité de menteuse une fois quand je lui ai raconté ce que mon oncle me faisait. Gamine, innocente sans défense, je n’osais pas en parler à papa ou à une autre personne vu que ma maman pensais que je mentais. J’ai couché avec mon oncle pendant deux années et un jour j’ai décidé de fuir la maison pour ne plus subir cela.
Un soir à l’absence de papa et maman j’ai quitté la maison pour une destination inconnue. J’avais une camarade qui m’a hébergé chez elle plusieurs années que le bon DIEU puisse la bénir pour ce service rendu.
J’ai été prise en charge par une ONG de la place pour m’aider à sortir de cette mauvaise expérience. J’avais peur de me confier à une tierce personne et quand j’aperçois un homme qui venait vers moi même gentiment, la scène me revenait et la peur s’emparait de moi. Après tant d’exercices thérapeutiques et les témoignages des autres, j’avais espoir de pouvoir reconstruire ma vie un jour. J’ai décidé de surpasser cette personne en moi et d’être heureuse.
Aujourd’hui j’ai la quarantaine je me dis que je suis déjà en retard pour construire un foyer et vite me marier; avoir des enfants comme toute femme avant mes 50 ans. Je souhaite avoir des jumeaux. J’ai perdu beaucoup d’années et le peu de temps qui me reste je dois en profiter.
Parfois je me dis que si je croise mon oncle je lui dirai juste merci et que ses filles aussi subissent le même sort que moi par d’autres hommes ou par lui-même. Il m’a aidé en quelque sorte à redevenir une autre personne. Pour finir je dirai que notre bonheur dépend de nous-mêmes. Oui on traverse parfois des situations pénibles mais il faut pouvoir sortir de ces épreuves. Nous méritons tous le bonheur. »

Après le témoignage de Diane notre rédaction a lancé des appels à d’autres victimes qui ont bien voulu nous livrer leur « calvaire »

« je devrais avoir 6 ou 7 ans. J’ai remarqué que toutes les nuits, il venait me prendre pour m’amener dans son lit. Il me fait des attouchements de toute sorte. Cela a duré jusqu’à quand j’avais 12 ans il commença à me pénétrer. Il est mon oncle. Je me demande comment cela a pu être arrivé? Toute ma vie est bousillée. Aujourd’hui j’ai 41 ans je cherche du sens à ma vie » Olga.

« Je m’appelle Manuel, j’ai 26 ans agent commercial. J’avais 5 ans quand une tante maternelle venue de Côte d’ivoire lors de la guerre est venue habiter avec nous. Le premier jour de son arrivée, ma maman lui demanda de me faire prendre mon bain. A la suite du bain elle se mit à jouer avec mon sexe de ses doigts jusqu’à me sucer. Cela me donne de l’érection. Elle me fît coucher sur elle et me caressa. Elle devrait avoir environ 26 ans. Elle continua ainsi toutes les fois que ma maman sortait. Quelque fois elle demande à ma mère de me laisser dormir dans son lit a elle. Elle me viole toute la nuit. Elle a passé 6 ans chez nous; quand elle est partit, j’avais environ 12 ans. Toutes les nuits je me glisse dans le lit de ma jeune soeur. Elle avait 8 ans. Je couche avec elle. Je couche avec ma sœur jusqu’à l’année passée quand j’ai voyagé pour le Cameroun. Je me masturbe 5 fois par jour. C’est vraiment difficile. Je garde aucune relation plus d’un mois »

À l’évidence, les viols et agressions sexuelles ne relèvent pas de l’amour mais de son contraire, « la violence ».

les chiffres de ces violences ne sont pas clairement documentés au Togo mais ce phénomène inquiète de nombreux parents et est plus fréquent que l’on ne pense…Les viols et agressions sexuelles sur mineurs, qu’elles prennent forme dans le cadre d’un inceste ou qu’il s’agisse de pédocriminalité, sont au cœur de l’actualité.

Face à ces situations que faut-il faire?
Les parents doivent être proches et être à l’écoute de leurs enfants. Et c’est très important, d’avoir du temps pour les enfants. L’inceste et le viol ont réduit plusieurs mineurs victimes, au silence et à la culpabilité pendant des décennies.

La justice existe-t-elle aussi pour ces genres d’actes de mauvais goût? Oui mais combien de ces victimes en parle ou vont porter plainte devant la justice? Notons que la loi dispose dans le code pénal que « Tout auteur ou complice de viol sera puni de cinq à dix ans de réclusion. La peine pourra être portée à 20 ans si les auteurs ont imposé à la victime plusieurs relations sexuelles ou encore si les violences exercées ont occasionné soit une grossesse, soit une maladie ou incapacité de travail excédant six semaines. »

Il serait aussi nécessaire de créer des centres de prise en charge psychologique des victimes pour un meilleur épanouissement et réinsertion dans la société.

Geneviève/José LeDivin

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