Éditorial

[Chronique] La politique de la chaise vide : En signe de protestation ou par manque de devoir Républicain ?

Il y a en politique des expressions qui viennent du mot « politique » lui-même et qui à l’emploi dans des phrases ont quelque chose de répétitif, sans pour autant voir leur sens initial modifié. En politique (et dans d’autres domaines), on parle parfois de la « politique du ventre », « La politique de l’autruche », mais également de « La politique de la chaise vide ». Faire de la politique ou s’y engager sous la motivation de ces quelques expressions citées pose un réel problème surtout lorsqu’il faut faire cas de la dernière mentionnée, « La politique de la chaise vide ».

« Politique de la chaise vide », une formule qui aurait été décidée en guise d’action diplomatique par le président français de GAULLE, entre le 30 juin 1965 et le 30 janvier 1966. En refusant en effet de siéger au Conseil des ministres de la Communauté économique européenne (pour protester contre les modalités de financement de la politique agricole commune PAC), les décisions devant être prises à l’unanimité, en laissant sa « chaise vide » et donc en ne votant pas, la France bloquait tout processus.

Dans Jean-Bernard VUILLEME, Les Assis : Regard sur le monde des chaises, Carouge, Éditions Zoé, 1996″, « La politique de la chaise vide est un art qui consiste à se rendre présent par l’absence, afin d’être mieux craint ou respecté ». Soit ! Cependant, considérée terre à terre, cette vieille expression ne s’entend pas forcément de la même manière. Vu sous l’angle le plus simple, elle n’a pas la même connotation.

Pris mot par mot, dans leur sens initial, les mots du groupe de mots qu’est « la politique de la chaise vide », envoient tout de suite à imaginer le champ de la politique et plus particulièrement, une chaise vide. La visualisation ou la représentation d’une chaise vide au conseil des ministres, à l’assemblée nationale, au ministère, à la présidence de la République, à la mairie, etc… peut-elle être considérée comme normale quand on sait que, c’est souvent présents et assis dans leur chaise, dans leur siège, à des réunions, au conseil des ministres, à l’hémicycle, et pour les besoins d’autres obligations que les acteurs politiques prennent des décisions.

Loin de vouloir soutenir que c’est en restant collé à son siège, scotché à son fauteuil ou en étant un parfait bureaucrate que les meilleures stratégies sont développées et menées sur le terrain, il importe quand-même de reconnaître qu’il est de temps en temps nécessaire de se poser dans sa chaise, d’observer, d’écouter, de réfléchir, de cogiter, de décider et d’annoncer. La « politique de la chaise vide », on oublie ?

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Et puis, est-ce pertinent et intelligent en tant qu’acteur politique confirmé, élu par le peuple, de décider d’un jour à l’autre, sur un coup d’humeur ou pour des intérêts personnels d’adopter la politique de la chaise vide, de briller par son absence, de laisser les collègues choisir à leur place et de favoriser ainsi le fait de ne pas être, ni acteur, ni témoin de lois votées, de décisions majeures et constructives, etc…? Ne serait-il pas plus logique de rester dans sa chaise, d’être ouvert, fidèle, ferme, responsable, constant et stable face à son engagement politique et la confiance accordée par les citoyens ?

Si adopter la « politique de la chaise vide » est pour ceux qui y ont recours une forme de protestation ou de contestation, ça s’entend, mais n’y a t-il pas d’autres moyens de marquer leur désaccord ? Peut-être pourraient-ils juste en adultes, s’asseoir justement, discuter, analyser, essayer de trouver un terrain d’entente, s’accorder autour de l’essentiel et gagner ainsi du temps, pour une gestion efficace et salutaire pour tous.

« Marquer la présence par l’absence en signe de désapprobation et de contestation »…À quoi bon partir, déserter ou faire comme pour « l’école buissonnière », laisser sa chaise désespérément vide alors qu’il faut y être, y rester, bien installé et bien présent de corps et d’esprit pour prendre part à l’amélioration des conditions de vie des concitoyens et à la construction de sa nation? Il est important que face à la mission républicaine, la part des choses et les bonnes nuances soient faites entre les expressions et les devoirs de l’acteur politique.

Crédit image: Internet.

Anita MARCOS.

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Un commentaire

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